Publié le 6 juin 2009 à 21:33
A peine sortis de scène, CataCult est parti à la rencontre de Ceux qui marchent debout. Interview, assis.
CataCult : Question incontournable : qu’est-ce qui a inspiré le nom de votre groupe ?
(Rires)
Ceux qui marchent debout : Tout simplement Rahan et les hommes qui marchent debout, vous connaissez ? C’est très symbolique et ça aussi évoque un temps où nous jouions jusqu’à plus d’heure et où, à 4h du mat, on criait au public “Debout, debout !” pour garder le feu allumé. Un vrai sacerdoce… Mais on peut y mettre bien d’autres choses derrière, un homme debout, c’est beau, non ? Ca demande du courage parfois…
CataCult : Quelles sont les influences qui ont inspiré le groupe ?
CQMD : Principalement James Brown, l’incontournable, mais aussi la musique Afro- caraïbéenne et afro-américaine.
CataCult : De toute évidence, la musique tient une place prépondérante, je suppose qu’elle prime sur les textes ?
CQMD : Oui, c’est elle qui régit tout en effet.
CataCult : Comment procédez-vous pour composer et pour l’écriture des textes ?
CQMD : Que ce soit pour l’un ou pour l’autre, c’est très changeant, en fait. Personne n’est attitré à quoique ce soit et les propositions émanent de tous. L’un d’entre nous peut avoir une compo qu’il propose et que l’on finalise tous ensembles idem pour l’écriture, ou bien, on compose tous en chœur, ou encore chacun propose un trait. L’essentiel est que nous restions unis dans tout ce qui se réalise. Trop de groupes ont éclatés parce que seul l’un d’entre eux écrivait ou composait. Si le succès touche une chanson, le groupe explose. C’est pour cela que nous nous efforçons de faire du mauvais pour être sûr de rester unis…. (rires)
CataCult : Quels thèmes véhiculent vos chansons ?
CQMD : Bouuuh, c’est hyper varié… Bien sûr il y a l’amour mais aussi des tas d’autres sujets. En fait, tout ce qui touche le quotidien de l’homme. Mais nous restons légers, nous ne nous sommes pas inscrits dans des chansons militantes où vraiment engagées.
CataCult : Question quasi traditionnelle : quel est votre album préféré ?
CQMD : Il n’y en a pas puisque nous sommes tous différents et nos préférences se portent donc sur différents titres. C’est une richesse. En gros, chacun effectuerait une compil des titres qui le touche le plus et aucune ne se ressemblerait. Mais nous sommes actuellement dans la préparation d’un nouveau et donc nous dirons donc que le meilleur sera celui-là… Du premier au dernier, tous sont fait avec conviction.
CataCult : Il sortira à quelle période dans les bacs ?
CQMD : Si tout va bien, en février 2010. Nous ne l’avons pas encore joué sur scène mais ça ne saurait tarder.
CataCult : Vous êtes très scéniques alors comment se passe l’enregistrement d’un album ? Le fait d’être en studio ne vous bride-t-il pas ?
CQMD : C’est vrai que nous sommes un groupe de scène, et mettre tout ce vécu sur un CD, n’est pas évident. Nous avons essayé plusieurs méthodes. Au tout début, nous nous trimbalions avec un 8 pistes que nous pouvions installer en un quart d’heure à peine et nous enregistrions en permanence de manière à désacraliser l’enregistrement. Mais s’en n’en finissait plus… Nous avons donc modifié notre manière de procéder. Nous réservons le studio pour 5 jours. Les 3 premiers, nous jouons à tout va et nous n’enregistrons en fait que les 2 derniers. Les morceaux sont construits mais il y a une part d’impro qui se greffe toujours dessus. Finalement, faire un album ça marque le temps, ça le fixe et nous oblige à poser les titres sinon nous les ferions évoluer tout le temps.
CataCult : Qu’est-ce qui pousse donc le groupe à marcher debout ?
CQMD : Sans hésiter : le partage ! En dehors du groupe, nos vies sont bien remplies et nous veillons à rester posés. Pour nous les concerts, c’est comme partir en vacances, une virée d’ados en vadrouille prêts à s’éclater. Nous sommes une bande de potes et nous tenons à le rester.
CataCult : Quelles sont vos motivations ?
CQMD : L’argent, les femmes et les belles voitures de sport (rires). Il faut noter ça et le souligner en gras, on ne sait jamais, des fois où ça se produirait… (rires).
CataCult : Tournées en France, tournées à l’étranger… Quel lieu ou pays a marqué vos mémoires ?
CQMD : La Nouvelle-Orléans sans aucun doute ! La musique, mise à part, il n’y a plus rien là-bas, c’est pour ça qu’elle est partout présente en permanence. C’est une explosion. Tous les soirs, c’est au minimum 300 concerts qui durent jusqu’au petit jour et ensuite d’autres prennent le relais. En fait, ça n’arrête pas, c’est de la folie ! Pour un musicien, c’est le paradis. Nous y sommes allés 3 fois mais nous rêvons tous d’y retourner. Géographiquement, la Nouvelle Orléans forme un collier irrigué par l’influence caraïbenne. Pour nous tous, c’était une révélation, ça nous a mis les pieds dedans. Franchement, ce n’est pas une ville pipo mais, pour un musicien, un pèlerinage à réaliser, la Mecque de la fanfare. Et puis, c’était intéressant d’entendre ce qu’ils disent de nous. La France est un pays de réputation plutôt rock, nous faisons donc figure d’originaux et notre formation est appréciée ce qui n’est pas rien dans un lieu aussi culte. Sinon nous tournons où avons tourné sur 25 pays, peut-être plus maintenant.
CataCult : Beaucoup de temps passé sur les routes donc…
CQMD : oui mais nous savons profiter de chaque instant et puis nous avons des vies bien rangés en dehors de la musique. Comme nous le disions tout à l’heure, ces sorties sont comme un départ en vacances. Le concert, c’est arriver au bord de la mer. Par exemple, pour venir ici, nous sommes partis la veille et nous nous sommes arrêtés dans un formule 1 classique où nous avons passé une super soirée parce que le personnel était très sympa. Arrivés ici, en début d’aprem, c’était la fête. Bon accueil, des gens ouverts, le top quoi !
Catacult : Ida y Vuelta, vous connaissiez ?
CQMD : Oui ainsi que la Casa musicale. Un copain nous a mis en contact. Nous tenions à venir jouer ici et nous sommes ravis d’y être. Heureusement, la pluie nous a épargné, le concert a pu se dérouler dans de très bonnes conditions. Nous sommes contents.
CataCult : Durant le concert, vous êtes descendus jouer dans le public. Un temps fort… mais qui peut aussi comporter quelques risques parfois. Une anecdote à ce propos ?
CQMD : Nous faisons cela depuis 15 ans et tout se passe très bien. Ce contact direct est un pur délice. Nous exigeons cependant qu’il n’y est aucun service de sécurité, cela oblige les gens à se responsabiliser et ça fonctionne très bien. Chacun veille à nous laisser suffisamment de place pour jouer et veille à notre sécurité. Une seule fois, nous avons connu un incident, si on peut appeler ça comme ça. C’était à Arles, il y a un bail. Un jeune avait attrapé et enlevé la coulisse arrière du trombone. Le service d’ordre l’a vu et nous l’a rendu aussitôt. Ils avaient l’œil ceux-là ! Ce n’était pas méchant, juste un gars un peu chaud qui voulait s’amuser. C’est la seule anecdote, sinon, c’est du pur bonheur.
Catacult : Il y a aussi les chaînes que vous lancez au public tout au long du concert. Original ! Vu le nombre, j’espère que vous les achetez au prix de gros !
CQMD : (rires) oui. Avec ça, il faut faire gaffe. Si tu vas dans la foule avec les chaînes autour du cou, les gens essaient de te les prendre et t’étranglent à moitié (rires). C’est marrant, ça fait très star system, le public adore ça et puis, ça fait un souvenir.
Catacult : Vous diriez qu’un concert est réussi quand… ?
CQMD : quand les gens dansent et qu’on est bien nourri (rires). Ici, c’était top sur tous les plans ! Mais à Perpignan, à chaque fois, ça se passe hyper bien.
Catacult : Justement, Perpignan et vous, quelle histoire, quel passé ?
CQMD : Nous avons joué à plusieurs reprises sur différentes scènes. Il y a eu 3 ou 4 fois El Médiator (une salle géniale et très bonne ambiance aussi) et puis les jeudis de Perpignan, et maintenant la Casa Musicale… On peut dire que chaque concert dans la région nous renvoie un super feeling. Celui de ce soir le confirme en tous points. C’était vibrant. Et puis, nous avons été accueillis comme des rois. L’organisation est vraiment pointue, il faut le souligner parce que ce n’est pas toujours le cas partout où nous nous produisons…
Catacult : Une sympathique surprise vous attendait avec ces deux danseurs (Saïd Bensani et Sébastien Ramirez) qui sont venus se produire sur scène.
CQMD : Ils étaient époustouflants. Franchement, ça l’a fait ! Nous avons adoré, ça file une pêche d’enfer ! D’ailleurs, nous aimerions revenir l’année prochaine animer la Block Party. Ce serait génial ! Nous allons le proposer. De toute façon, Perpignan, c’est à chaque fois une belle histoire à vivre. C’est une réalité. Et, il y a Collioure aussi. Nous y avons joué plusieurs années consécutives jusqu’au matin sans s’arrêter. C’était l’éclate totale, du délire ! Tiens, petit message pour cette ville : “Collioure sera toujours Collioure”.
Catacult : Pour terminer, une vie sans musique, pour vous ce serait ?
CQMD : Une erreur… C’est de Nietsche. En fait, ce n’est même pas envisageable. Même les bruits de la rue sont musique. Non, impossible à imaginer…
Propos recueillis
par Pascale Oriot
Publié le 6 juin 2009 à 21:21
La menace de pluie, la vraie pluie, les éclaircies, l’averse, le match de l’USAP (qui joue la finale du championnat de France ce soir, est-il nécessaire de le rappeler !)… de quoi faire un samedi un peu en demi-teinte. Mais le coeur y est toujours !
Du côté de CataCult, il a fallu se résoudre à annuler le plateau d’infos, mais la Cabine photo a, elle, bien fonctionné malgré tout (les photos seront très bientôt en ligne bien sûr !).
Maquillage, capoeira, musique… Visite en images par Alvaro Sanchez Martinez.